Novcrre.                                   183
des dindons, parodie en quatre entrées, par Favart, représentée le j. 31 août de cette mème année. Noverre fut aussi maître des ballets del'Opêra-Comique, et il a composé entre autres ballets les Festes chinoises (icr juillet 1754) et h Fontaine de Jouvence (15 septem­bre 1754). Les Feïes chinoises obtinrent un succès éclatant, et Collé dans son Journal s'exprime ainsi à ce propos : « Ce mois-ci (juillet 1754) tout Paris a couru à un ballet chinois que l'O­péra-Comique a donné. Je n'aime pas les ballets, et mon averfion pour la danfë eft infiniment augmentée depuis que tous les théâ­tres font infectés de ballets ; mais j'avoue que ce ballet chinois eft fingulier, et qu'au moins par fa nouveauté et par le pittorel-que dont il eft, il a mérité une partie des applaudiffemens outrés qu'on lui donne. C'eft un nommé Noverre qui a deffiné ce ballet; c'est un jeune homme de 27 à 28 ans. Il me paroît avoir une imagination étendue et agréable pour fon métier. Il eft neuf et abondant, varié et peintre. Ce n'eft pas par les pas et les entrées qu'il a plu, c'eft par les tableaux diverfifiés et nouveaux qu'il a eu cette prodigieufe réuffite. S'il y- a quelqu'un qui puiffe nous faire fortir de l'enfance où nous fommes encore pour les ballets, ce doit être un homme comme ce Noverre. L'Opéra devroit prendre et bien payer un pareil talent; mais dès qu'il le doit, il n'en fera rien. » Collé ne se trompa pas dans ses prévisions, No-* verre quitta l'Opéra-Comique en 1755, et ce ne -"--- Ç11- vingt et un ans plus tard, en 1776, que l'Académie royale de musique s'attacha cet habile chorégraphe.
(Histoire de VOpèra-Comique, II, 323, 324. Bio-graphie Didot. —Journal de Coite, public par H. Bonhomme, I, 428.)